12 septembre 2007

Les "Sept d'Agrigente" : Enfin hors de prison !

Samedi 1er septembre : 1 mort et trois disparus au large de la Sicile
Vendredi sept septembre : 10 morts au large des Canaries.

Les victimes de la Guerre aux Migrants continuent de mourir.

Aujourd'hui, lundi 10 septembre, les sept pêcheurs tunisiens des naviresMortadha et Mohammed el-Hedi ont obtenu la levée de leur détentionpréventive. Ces marins ayant leur port d'attache à Teboulba (gouvernorat deMonastir, Tunisie) ont pris l'initiative de secourir 44 femmes, hommes etenfants qui se trouvaient sur une embarcation sur le point de chavirer dans lecanal de Sicile. Ils se sont retrouvés incarcérés et poursuivis à Agrigente(Sicile, Italie) pour "aide à l'immigration clandestine à fin de lucre",délit passible de quinze ans de prison en vertu de la loi italienne diteBossi-Fini.

Une deuxième demande de libération provisoire introduite par leurs avocats(Leonardo Marino et Giacomo LaRussa) a donné lieu à une assignation à résidence avec obligation de ne pas quitter la Sicile pour deux d'entre eux(les capitaines Abdelbasset Jenzari et Kamel Ben Khlifa). La libération aété accordée aux cinq autres (Mohammed-Lamine Bayyoudh, son père Abdel-KrimBayyoudh, Hamza Braham, Abdel-Wahid Ghafouri et Lassaad Gharrad) qui pourrontrentrer en Tunisie.

La FTCR félicite leurs familles et amis ainsi que tous ceux qui les ontsoutenus et ont partagé la détresse et l'incompréhension causées par unmois d'injustice. Elle salue les sept marins et les assure de son soutien etde son admiration pour leur conduite qui leur fait honneur. Elle considèrenéanmoins que cette bataille pour la justice ne sera close que lorsque lesdeux capitaines (dont le courage et la combattivité nous a particulièrementfrappé lorsque nous les avons visité à la prison d'Agrigente vendredi 7septembre) seront également libres et que tous les sept cesseront d'êtrepoursuivis et obtiendront les réparations et la reconnaissance qui leur sont dûes.

Il est évident que ce premier résultat est le fruit d'abord du travailmené de manière exemplaire par les avocats assurant la défense des septinculpés, ainsi que de la mobilisation infatigable menée à Agrigente et enSicile par quelques militants de la Rete Antirazzista Siciliana et de l'ASGI(Associazzione Studi Giuridici sull'Immigrazione). Quant à la mobilisationqui a permis de donner tout l'écho qu'elle mérite à cette affaire et dela présenter pour ce qu'elle est (une bataille emblématique pourl'égalité des droits et pour le refus de la guerre sécuritaire auxmigrants), il ne nous aurait pas été possible de l'impulser sans ladisponibilité et l'engagement de plusieurs protagonistes : des organisationset associations européennes et maghrébines (le REMDH, Migreurop, Arci, leForum Social Tunisien, la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme, l'ATFD,le CNLT…) ; des parlementaires européens (Giusto Catania, Hèléne Flautre,Francis Wurtz, Pasqualina Napoletano, Claudio Fava…) ; des députés del'Assemblée Nationale italienne (Graziella Mascia, Antonio Falomi, GennaroMigliore, Robberto Zaccaria, Angelo Bonelli, Iacopo Venier…) ainsi que tantd'autres en Italie, en Tunisie, en France, en Belgique, au Maroc, en Algérie.

La mobilisation doit se poursuivre et passer à un niveau supérieur :


1/ Le procès des "Sept d'Agrigente" reprend le jeudi le 20 septembre, et rien dans l'attitude du président du tribunal (Mme Antonia Sabbatino) ne laisse présager une attitude moins absurde et moins injuste que celle qui a prévalu jusqu'à présent. Le fait que ses décisions et déclarationssoient démenties de manière cinglante par le juge qui s'est prononcéaprès elle sur le maintien en détention comme par la position du ministèrepublic, ne garantit en aucun cas que tous les éléments factuels et lestémoignages plaidant en faveur des inculpés soient considérés avec plus d'objectivité. Nous restons donc mobilisés pour la libération des deux pêcheurs assignés à résidence, pour l'arrêt des poursuites et pourl'indemnisation des dommages moraux et matériels causés par cette affaire.
2/ Des centaines de personnes continuent à mourir chaque mois en tentant d'arriver en Europe pour chercher une vie meilleure pour eux et leurs familles, ou pour fuir la guerre et la persécution. Le véritable mur de séparation que construisent les politiques sécuritaires et la militarisation des contrôles des frontières rendent le droit à se déplacer, pourtant reconnu par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, quasiment inaccessible aux pauvres s'ils ne mettent pas leur vie gravement en danger. La Méditerranée et les côtes atlantiques espagnoles sont des
fronts particulièrement meurtriers de cette Guerre aux Migrants. Ces derniers temps, les discours et les politiques mises en oeuvre dans les différents pays méditerranéens aggravent chaque jour cet état de fait. Il faut plus que jamais se battre pour l'égalité des droits et pour un élargissement et un accès réellement universel aux droits fondamentaux. Novembre et décembre prochain se tiendront à Lisbonne un sommet euro-méditerranéen et un sommet euro-africain dans lesquels le contrôle des migrations sera un thème central.
Cela peut constituer une échéance importante pour tous ceux qui se battent pour l'égalité, la justice et la liberté.

Lundi 10 septembre 2007
Pour la FTCR
Le président, Mouhieddine Cherbib

Pour tout contact concernant ce dossier :Omeyya SeddikFrance : 00 33 (0)6 87 75 74 84Italie : 00 39 347 284 58 31zonegrise@yahoo.fr ftcr.etudes@no-log.org



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1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Good post.

10:04  

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